Jean-Pierre Canceill (Mars 2001)
Voici mon expérience personnelle (situation à l'hiver 2000-2001 !) en matière de GPS. J'utilise un récepteur GPS Garmin 12, en liaison avec un PC équipé d'un scanner standard (A4, 600x1200) et du freeware GPSTrack (http://www.gpstrack.com/). Avec ça, je scanne les cartes par morceau de format A4, les sauvegarde en jpeg, et les charge dans GPSTrack. Ce soft permet de les géo-référencer (en entrant 3 points de coordonnées connues : intersections de quadrillage sur les cartes suisses, ou sur les Top25 "compatible GPS"; croix Lambert sur les anciennes Top25), de définir mes points et mes routes par simple clic sur le fond de carte à l'écran, et de télécharger tout ça dans le GPS. Au retour, je décharge du GPS vers le PC les traces enregistrées, et je peux, avec GPSTrack, visualiser sur le fond de carte là ou je suis réellement passé... Cet ensemble me donne tout à fait satisfaction. Au delà de certains aspect "gadgets", comme la visualisation des traces au retour, je suis persuadé qu'un GPS peut être vital dans des cas critiques (recherche de refuge par mauvais temps sur glaciers sans points de repère : ex cabane du Trient, Bertol, ...). Depuis la suppression de la SA (réduction intentionnelle de la précision pour les récepteurs non militaires), on peut arriver A COUP SUR à moins de 30 m d'un point préalablement repéré sur la carte. Mais bien sûr, ça ne remplace pas les techniques d'orientations classiques, ce n'est qu'un complément.
Quand même quelques bémols :
- l'autonomie électrique n'est pas terrible si on veut avoir le GPS en fonctionnement permanent (enregistrement des traces) : batteries rechargeables de rigueur si on ne veut pas se ruiner, et il faut prévoir du rechange.
- pas d'antenne externe, donc il faut toujours que l'appareil "voit" le ciel : je le garde sur l'épaule, accroché à la bretelle du sac à dos. Pas des plus commodes, et il est de ce fait plus exposé au froid (pas de pb dans les Alpes, mais sans doute gênant dans le grand nord).
- le scan des cartes est long, la préparation d'un WE me demande plusieurs heures à chaque fois (tout compris), ça fait râler Isabelle :-). Pour régler ce dernier point, la sortie des Cdrom IGN-Bayo semble donc une bonne chose : fini de scanner les cartes, quel pied ! Mais en fait, leur format étant verrouillé, elles ne sont utilisables pour un GPS qu'avec le soft qui sera vendu en plus par Bayo (CartoNav, dispo à partir de février-mars, on ne sait pas encore à quel prix), donc impossible d'utiliser l'excellent GPSTrack (écrit par Richard Scauri, formateur GPS pour le syndicat des guides, grand amateur de rando à skis, ce qui explique que son soft soit parfaitement adapté à nos besoins). Par ailleurs, pour avoir expérimenté l'impression de cartes scannées sur mon imprimante jet d'encre perso, il est clair que ça ne peut pas remplacer la carte papier : dès que les courbes de niveau se resserrent, on ne voit plus rien... Plus d'autres petits soucis, relevés sur la liste de diffusion GPS, comme le fait que les scans suivent la grille Lambert, ce qui fait que lorsqu'on s'éloigne du méridien de Paris, le N géographique n'est plus en haut de la carte (30° d'écart dans le Mercantour !!). Donc je suis clairement dubitatif sur l'intérêt de la chose...>L'équivalent existe aussi en Suisse (pour les 1/50000, voir http://www.swisstopo.ch/fr/di gital/SM50.htm). Ici le format est OUVERT, mais les cartes suisses étant déjà bien chères, s'il faut acheter en plus les CDs ....
Dernier point sur le choix d'un récepteur : Actuellement, et en se limitant à une utilisation rando, on trouve une pléthore d'appareils en France (au Vieux Campeur, à la FNAC, Décathlon, ...). 3 fabricants (Garmin, Magellan, et MLR), plus de 20 modèles pour le seul Garmin (je ne connais pas les gammes des deux autres).... La qualité "GPS" (précision, vitesse d'acquisition, systèmes de coordonnées reconnus, ...) semble à peu près équivalente pour tous (récepteur 12 canaux parallèles systématique). La différence se fait sur les fonctions ajoutées au repérage de base, et sur le prix.
Pour l'utilisation ski de rando, les points à prendre en compte me semblent :
- le poids,
- l'autonomie,
- la capacité mémoire (exprimée en terme de routes, waypoints, et points de trace que l'appareil peut stocker),
- la connectivité PC
- la possibilité d'ajouter une antenne externe (pour les pays froids).Chez Garmin, pour un usage purement rando (pas d'utilisation en voiture avec cartographie embarquée) les modèles à considérer me semblent :
- GPS 12 : Le + simple, un peu ancien, lourd (250g), autonomie moyenne (24 h maxi avec 4 piles AA), mémoire tout juste suffisante (1000 points de trace), pas de possibilité d'antenne externe, pas cher (1400 F).
- GPS II+ : exactement comme le G12, mais antenne déportable, plus cher (2200 F)
- Etrex : moins lourd (150g), bonne autonomie d'après le constructeur (22 h maxi avec 2 piles AA), mémoire limitée (une seule route de 50 way-points), pas de possibilité d'antenne externe, pas cher (1200 F).
- Etrex summit : moins lourd (150g), autonomie faible (d'après Richard Scauri), vaste mémoire, pas de possibilité d'antenne externe, alti barométrique et boussole intégrés, cher (2200 F).Tout ces modèles sont raccordables à un PC via un câble ad-hoc (à acheter en plus).